Photo Robert JRobert Jeannot Expert des réseaux et des installations électriques Intervenant à la formation WLE « Incendie d’une sous-station HT/MT » le 4 décembre 2013 à  Paris

WLE: Quels sont les atouts des retours d’expériences et de leur analyse dans la prévention d’incidents techniques impactant les installations industrielles ?

Robert Jeannot : La réponse est assez simple. « Avoir la chance » de voir un incident majeur et d’être acteur de sa résolution est assez rare. Ainsi les personnes ayant assisté à un incident pouvant avoir des répercussions importantes sont peu nombreuses : ce sont pourtant  des témoins majeurs dont le retour d’expérience sur les « do » et « don’t do » est capital et représente une valeur significative pour l’entreprise et plus généralement pour la communauté des experts.

Prenons l’exemple du blackout en Allemagne en 2006. Le nombre d’opérateurs présents dans la salle du centre de contrôle (dispatching) était réduit. Pourtant, ces opérateurs ont vu seconde par seconde comment le réseau a réagi. Ces opérateurs ont pris des décisions, observé puis analysé leurs conséquences.

Au cours de sa carrière, un technicien, un ingénieur, un chef de projet ou un directeur d’exploitation va être confronté à des situations d’urgence. Il devra résoudre le problème en s’appuyant d’abord sur ses connaissances et la connaissance de ses équipements et équipes mais surtout sur son expérience. Plus ce professionnel aura été formé sur l’analyse de situations réelles, plus les chances qu’il ait de bons réflexes le jour où une situation similaire se présentera seront grandes.

WLE: Compte tenu de votre expérience très riche, quel regard portez-vous sur la manière de partager les expériences et de les valoriser ?

Robert Jeannot : Les retours d’expérience, rédigés par les constructeurs ou operateurs, sont généralement destinés à une communication en interne et ne filtrent que très rarement à l’extérieur de l’entreprise. Pourtant il s’agit d’expériences remarquables qu’un grand nombre de professionnels serait en droit de connaître. Analyser, dans le cadre d’une formation notamment, un cas concret, est très innovant car permet de démocratiser les retours d’expériences. Il ne s’agit pas de pointer la faute ou la défaillance technique mais de communiquer au plus grand nombre afin de faire croitre la connaissance. Ainsi, le lieu de l’incident et les noms des constructeurs ou des opérateurs ne sont jamais cités afin de conserver la confidentialité et de faire d’un cas particulier et spécifique un cas générique.

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